A Cousolre (Nord), le maire a été condamné (avec sursis) à 1 000 euros d'amende par le tribunal correctionnel d'Avesnes-sur-Helpe pour avoir giflé un adolescent "irrespectueux". Par définition, la gifle est toujours la preuve d'une absence de maîtrise, d'une impulsion en réponse à un discours ou à une attitude insupportable.
Avez-vous déjà pris une gifle dans votre vie ? À cette question, les baby-boomers et les générations précédentes répondront majoritairement "oui", d'aucuns trouvant même à l'acte des vertus éducatives. C'est sans doute le cas de Maurice Boisart, maire de Cousolre (Nord), qui a "collé" une gifle à un adolescent de 16 ans qu'il jugeait insolent et menaçant. Et se retrouve accusé devant un tribunal. Il a été condamné avec sursis à 1 000 euros d'amende par le tribunal correctionnel d'Avesnes-sur-Helpe.
Ce sexagénaire a certainement agi en référence à sa propre éducation. Lors du procès, a-t-on évoqué les éventuelles gifles qu'il aurait lui-même reçues dans son enfance et son adolescence ? On se plaint souvent d'attitudes paternalistes des élus locaux, mais peut-on critiquer une attitude paternelle — celle qu'a adoptée ce maire face à un jeune administré irrespectueux ?
L'adolescent a bien sûr tort de lui avoir "manqué de respect" — une expression paradoxalement très usitée dans les milieux les plus violents. Mais l'adulte a fragilisé sa position lorsqu'il est passé à l'acte. La gifle est toujours la preuve d'une absence de maîtrise, d'une impulsion en réponse à un discours ou à une attitude insupportable. Dès qu'elle est partie, on la regrette déjà .
Essayons de nous mettre à la place du giflé de Cousorle : la joue cuisante, il se sent abaissé et avili ; ses pensées s'embrouillent. Lui qui, déjà , défiait la figure d'autorité que représente le maire, ne comprend rien aux reproches qui lui sont adressés aujourd'hui. L'idéal serait que des excuses mutuelles soient prononcées par les protagonistes : le gifleur et le giflé.
Les nouveaux parents, eux, se sentent tous coupables s'ils donnent une claque à leur enfant, et plus encore s'il s'agit d'un adolescent. Les coups ont globalement disparu des méthodes éducatives. Il n'empêche, certains jeunes insultent facilement leurs parents - les mères plutôt que les pères -, comme s'ils cherchaient à être giflés.
Ce comportement provocateur, malheureusement fréquent, trouve sa source dans la petite enfance : il n'est pas rare que la fessée administrée à un garnement rebelle vaille en retour à son auteur un regard de défi doublé d'un : "Même pas mal !" Il s'agit-là de l'opposition naturelle, phase classique du développement du jeune enfant.
Quand le goût de comprendre et d'apprendre lui vient, il ne tarde pas, dans la plupart des cas, à se montrer mieux disposé à l'égard de ses éducateurs. Grandir, c'est en quelque sorte passer de la toute-puissance mégalomaniaque infantile à la connaissance partagée.
Par conséquent, la prévention de la gifle consiste à donner aux enfants le plus de moyens de comprendre pour éviter de s'opposer... et de pousser à bout les adultes.
Après son passage à l'acte, il reste donc au maire de Cousolre à réfléchir aux structures Petite enfance les plus adaptées à la progéniture de ses administrés. En multipliant les lieux de socialisation et d'éveil à l'intelligence, il diminuera ainsi le risque d'être tenté plus tard de la gifler.
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